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Une journée typique pour Sunniva et Hilde

 

1.   À quoi ressemble une journée à Bamsebu? 

Tout est sombre et calme ici, sauf lorsque des vents violents envoient des vagues et de la glace qui viennent s’écraser sur le rivage.

Chaque matin, nous nous réveillons dans une cabine froide. Nous allumons le poêle à bois pour nous réchauffer et chauffer nos boissons. Comme l’espace est restreint, nous rangeons nos lits, transformant ainsi la pièce en espace de vie pendant la journée. Ensuite, nous allons chercher notre chienne Ettra, un mélange de malamute et de groenlandais de 88 lbs, et nous la nourrissons à l’intérieur.

Nous faisons la cuisine tous les jours, car les aliments frais peuvent très rapidement se détériorer à cause des fluctuations de température à l’intérieur et à l’extérieur. Nous avons des céréales ou des flocons d’avoine au déjeuner, un dîner léger et un repas chaud au souper. Après la cuisine, nous faisons le ménage.

Nous nous préparons pour la journée en dressant une liste des différentes tâches à accomplir et en effectuant un suivi de celles-ci. Nous planifions ensuite la semaine à venir et nous élaborons une stratégie, nous mettons de l’ordre dans nos photos et nous consacrons également du temps à l’écriture et à la lecture. Nous répondons aussi aux courriels afin de garder le contact avec nos sympathisants et nos partenaires. Il est essentiel pour nous de communiquer.

Nous utilisons nos tapis de yoga pour faire des exercices d’étirement et pour nous entraîner avec des bandes d’entraînement. Nous sortons Ettra pour une promenade dans le noir afin de lui permettre de courir un peu (toujours en laisse).

Nous observons les nuages et les aurores pour la NASA. L’autre jour, nous étions « en attente » de 9 h à 13 h, pour photographier un lancement de fusée de la NASA qui libérerait des gaz, dans le but d’étudier l’aurore du CUSP que nous avons ici, dans l’archipel du Svalbard.

Nous vérifions les températures intérieures et extérieures et le refroidissement éolien à la station météorologique. Nous recueillons de la glace et/ou de la neige à l’extérieur pour notre approvisionnement en eau et nous ramassons du bois que nous coupons et empilons nous-mêmes. Nous ne sortons jamais sans une lampe frontale ou un pistolet lance-fusées. Avant d’aller quelque part, nous faisons un balayage à 360 degrés de notre environnement pour nous assurer qu’il n’y a pas d’ours polaires ou de signes de leur présence, comme leurs traces. Nous nous habillons comme si nous partions en expédition, même si c’est juste pour aller aux toilettes. Rien n’est rapide, simple ou facile !

Nous sommes toujours à la recherche de miracles. Chaque jour, il se passe quelque chose de différent ou de spécial qui nous remplit de gratitude et d’humilité. Nous sommes également prêtes pour l’imprévu et nous prenons le temps de corriger ce qui ne fonctionne pas quand nous le pouvons. Le mois dernier, nous n’avons pas pu utiliser le bateau, car nous étions entourées de glace et nous n’avons pas pu le mettre à l’eau. Nous pouvions quand même nous déplacer en motoneige Lynx, à ski ou à pied.

 

2.   Avez-vous fait beaucoup de progrès dans vos recherches jusquà présent? 

Nos données scientifiques sont recueillies au fil du temps. Cela représente donc un progrès pour nous. Pour l’instant, nous ne sommes pas en mesure d’obtenir des échantillons d’eau salée à cause de la glace qui nous empêche de mettre notre bateau à l’eau. Nous sommes toujours en mesure de piloter un drone et de capter des images thermiques qui peuvent mesurer l’épaisseur de la glace et détecter la présence d’animaux. Nous documentons les observations et les rencontres avec la faune et toutes les interactions avec les ours polaires. Nous enregistrons également des données météorologiques, ainsi que des observations de nuages et d’aurores pour la NASA. Notre séjour à Bamsebu, de septembre 2019 à mai 2020, est entièrement consacré à la collecte de données que les chercheurs peuvent mesurer.

 

3.   Comment rester en sécurité dans des conditions météorologiques aussi difficiles et sur le territoire des ours polaires? 

Ici, tout est une question de sécurité et de survie. Nous nous assurons que tout ce que nous faisons est délibéré et réfléchi. Nous sommes toujours alertes, conscientes de ce qui nous entoure et vivons selon l’instant présent, de sorte que nous puissions remarquer les changements plus facilement.

Chaque fois que nous sortons, nous nous enveloppons de plusieurs couches épaisses pour éviter les engelures et rester au chaud. Nous avons une lampe frontale qui est toujours chargée afin d’avoir de la lumière pour bien balayer notre environnement en tout temps. Nous portons également un étui de ceinture avec un couteau, un pistolet lance-fusées et une arme. Nous utilisons aussi des jumelles de vision nocturne pour repérer les mouvements dans l’obscurité.

Nous sommes souvent toutes les deux à l’extérieur pendant de longues périodes. Nous communiquons beaucoup entre nous et nous nous assurons de savoir ce que fait l’autre afin de pouvoir garder l’œil ouvert. Nous passons en revue différents scénarios et éventualités du style « et si » pour nous assurer d’être prêtes en cas d’urgence. Lorsque nous savons qu’une grosse tempête approche, nous nous y préparons en nous assurant qu’il y a suffisamment de bois de chauffage, de glace pour l’eau et de nourriture à proximité, et que tout est bien attaché.

Nous avons récemment appris qu’un ours polaire avait attaqué et tué un chien dans une station située à environ 100 km de notre emplacement, alors la nuit, nous gardons maintenant Ettra à l’intérieur du petit sauna juste à côté de Bamsebu. Nous avons toutes les deux de l’expérience dans la gestion des urgences et il y a une trousse de premiers secours pour nous trois.

Nous nous préparons au pire et espérons toujours le meilleur.

 

4.   Quel est l’aspect le plus magique dans le fait dêtre dans la région reculée de Bamsebu?

Tout est magique dans le fait d’être ici, à Bamsebu. Il y a un silence qui est difficile à décrire. Il y a une obscurité semblant diffuser de la lumière. Il y a une vulnérabilité qui est réelle.

Nous observons des changements tous les jours — chaque journée est différente. Nous sommes actives et passives en même temps.

Il n’y a pas de facteurs de stress externes comme chez nous et à cause de cela, nous ressentons tout, même nos pensées. Nous essayons toujours de rester positives et nous nous considérons très chanceuses de vivre une existence simple et sans complications.

Nos distractions sont différentes de celles que nous avons chez nous. Ici, nous observons la météo (le vent, la neige, le verglas,), nos pensées, ainsi que les aurores, la lune et les lumières ! Les aurores boréales sont aléatoires et comme nous sommes plus près de la bande inférieure des aurores vertes que de la ville la plus proche, nous avons souvent l’impression d’être inondées de lumière. Notre distraction préférée c’est, bien évidemment, Ettra et celles que nous aimons le moins sont les sons que font les ours polaires quand ils sont dans les parages. C’est dans ces moments-là que tout le monde est sur le qui-vive !